LE CIRQUE ANTONIO

Publié le 30/10/2017 dans CIRQUE

 

CIRQUES D’AUTREFOIS

 

 

 

LE CIRQUE ANTONIO

 

Parmi les cirques aujourd’hui disparus, le Cirque Antonio occupe une place particulière. D’abord parce qu’il tourna essentiellement en Algérie, au Maroc et en Tunisie… mais aussi parce que ses propriétaires, M. et Mme Antonio Fattore, étaient des personnages attachants… Un cirque à qui L’Intermédiaire Forain puis L’Inter Forain ont consacré plusieurs articles lorsqu’il tournait en Afrique du Nord.

C’est fin 1925, à moins que ce ne soit début 1926, qu’Antonio Fattore monta cirque. A l’origine, l’établissement pris le nom de Cirque Continental, mais fut très vite (1 ou 2 ans plus tard) rebaptisé « Cirque Antonio », du prénom de son propriétaire. Et, pendant près de 40 ans (36 ans exactement), il tourna en Algérie, au Maroc, en Tunisie, et même en Libye, faisant aussi quelques incursions – en 1959, notamment - en Corse.

 

C’est dire si le Cirque Antonio était connu en Afrique du Nord, de Mascara à Alger, en passant par Fès, Oran, Tunis, Rabat, Tanger, voire aux « portes de désert », à l’oasis  de Ouargla, où il n’hésitait pas à monter pour la Légion… A Alger, où il avait ses habitudes, il s’installait sur le champ de manœuvre ou encore le long de la caserne Pélissier, alors qu’à Mascara, c’était plutôt du côté de la place de l’Argoub…

 

 

 

Un banquiste éperdument amoureux de la France

 

Mais, revenons à Antonio Fattore. Né à Castelalone al Volturno, en Italie, le 25 février 1885, il était un pur banquiste qui prit très tôt la route, exerçant tour à tour différents métiers de la piste : équilibriste, voltigeur équestre, clown, dresseur… Autant de disciplines qu’il apprit au contact d’Alessandro Pierantoni, célèbre clown de l’époque dont on disait qu’il était le fils, alors que celui-ci ne fut sans doute que son « père d’élève » !

 

Pendant la Grande  Guerre, Antonio Fattore, éperdument amoureux de la France, s’engagea dans la Légion Garibaldienne. Avec les « chemises rouges », il s’illustra en Argonne. Gazé et blessé du côté de Reims, en Champagne, il reçu la Croix de Guerre 1914-1918, et bien d’autres distinctions honorèrent son courage.
Une fois démobilisé, il revint tout naturellement au cirque, mais ses blessures de guerre l’obligèrent à abandonner la voltige équestre. On le retrouva alors au Cirque Caron (ou au Cirque Canadien) comme auguste du clown blanc Philippe Caron, puis à Medrano au début des années 20.

 

D’ailleurs, c’est chez Medrano qu’il rencontre Martha Schaeffer, une enfant de la balle, qu’il épousa...