LES DRESSEURS DE PUCES

LES DRESSEURS DE PUCES

Publié le 19/12/2019 dans HISTOIRES FORAINES

 

LES DRESSEURS DE PUCES

 

Métiers oubliés… Il n’y a pas que les ménageries foraines et leurs dresseurs de fauves qui ont disparus de nos fêtes foraines… Les entresorts de dresseurs de puces savantes ne s’y installent plus depuis déjà belle lurette. Pourtant, de grandes « figures » ont marqué de leur empreinte cette activité insolite qui attirait un public chaque fois surpris des exploits de ces petits insectes. Parmi ces dresseurs, « les » professeurs Schmidt, dont plusieurs générations se sont produites sous ce nom, mais aussi les Roloff oncle et neveu, sans oublier Madeleine Wagner, fille d’un talentueux dresseur s’il en fut. « Portraits » d’un métier disparu à jamais de nos fêtes, vogues, foires et kermesses…

 

 

 

 

 

L’origine des puces savantes

 

Les puces existent depuis le commencement du monde, ou presque, et d’aucuns affirment que l’origine de cet art remonte à la plus Haute Antiquité : Cléopâtre adorait, paraît-il, se faire présenter par ses esclaves, des puces trainant de petits fardeaux au moyen d’un fil de soie…

 

D’autres prétendent que son origine date du Premier Empire, époque où les prisonniers Français, gardés par des soldats Anglais sur des pontons de bois grouillant de vermine, eurent l’idée – pour passer le temps - de capturer les puces dont ils étaient couverts afin de s’amuser à leur faire traîner des petits morceaux de bois et autres objets modelés par leurs soins…

 

Loin de nous, l’idée de nous immiscer dans cette querelle d’ « historiens », mais force est de constater que la première hypothèse semble la plus vraisemblable. D’autant plus que  Brienne évoque les puces savantes dans ses « Mémoires », que Mme de Sévigné le fait aussi dans les lettres à sa fille, sans oublier La Bruyère à la fin du chapitre des « Jugements » ainsi que l’écrit Victor Fournel dans « Les rues de Paris ».

 

Quoi qu’il en soit, en 1804, un matelot allemand montrait déjà, au microscope, des puces dont il avait fait le dressage, dans un spectacle qui fut très prisé du public, tant au dix-neuvième, qu’au début du vingtième siècle.

 

 

 

LES ROLOFF

 

Né en Tchécoslovaquie, Roloff, éminent dresseur de puces habitué des fêtes parisiennes dans la première moitié du vingtième siècle, portait le nom de son oncle, d’origine roumaine, qui se produisait déjà comme dresseur de puces sur les fêtes et foires européennes. Un oncle qui vint à ce « métier » de bien curieuse façon…

 

En effet, vers 1838, l’oncle Roloff, courtier en bijouterie était de passage en Italie lorsqu’un meurtre fut commis dans l’hôtel où il logeait. Soupçonné malgré ses protestations, Roloff  qui était en possession de bijoux (ceux qu’il venait vendre !) fut emprisonné. Ce n’est que deux ans plus tard, lorsqu’on découvrit enfin le véritable assassin qu’il fut relâché après avoir croupi dans une cellule infestée de poux et de puces, qui n’avaient rien de savantes !

 

Pour tromper l’ennui, il eut l’idée d’en capturer quelques-unes, et de les attacher à l’aide d’un de ses longs cheveux qui n’avaient pas connu la caresse du peigne depuis de longs mois.
Avec ce qu’il pouvait trouver dans sa cellule, il fabriqua des petites voitures, et lorsqu’il sorti de prison, ne voulant absolument plus entendre parler de négoce de bijoux, il s’improvisa dompteur de puces…

 

Il substitua à ses cheveux de minces fils d’or, et confectionna des véhicules miniatures en argent avant de rencontrer –très vite- le succès et parcourir le monde…